Le projet 60.Secondes, entamé il y a plus de quinze ans, est comme une capsule temporelle qui aurait glané çà et là les petites choses du quotidien. De films en films, ce sont les cycles d’une année qui défilent. D’une captation de l’espace urbain à une invitation au voyage au bout du monde, de son œil avisé, le réalisateur Rémy Disch nous propose un autre point de vue sur le caractère exceptionnel des détails ordinaires. Passé par Canal +, où il réalise et participe à plusieurs programmes pendant un temps, réalisateur de documentaires (le dernier en date suit la création du dernier spectacle de Marie-Claude Pietragalla) mais également de clips pour des artistes tels que Jérémie Whistler, très remarqué par ailleurs et classé parmi les clips de la semaine sur le site des Inrocks, Rémy Disch joue d’une écriture profondément cinématographique et offre à ce projet une richesse dont la variété des sujets n’est qu’un exemple.

 

 

60.Secondes, Trailer 2016

Ces fragments sont comme une matière brute extirpée de sa banalité, sculptée et sublimée par des jeux de ciseaux et de façonnage, tant dans l’image que dans le son. Accompagné de Vincent Bredif, sculpteur sonore ayant travaillé les relations expérimentales entre l’espace et la matière, les films s’échelonnent sur différents supports. Du Super 8 à l’image numérique HD en passant par la DV qui marque la possibilité d’une prise de vue facilitée, rendue mobile et légère. Rémy Disch se saisit de cette mobilité nouvelle et la met au service de son regard et des images, en témoignant de l’évolution des technologies autant que de l’inventivité de notre époque.

 

Chronique de la poésie ordinaire, 60.Secondes est un travail qui se place dans la lignée des photographes, tels que Doisneau ou Brassaï, connus pour leur vivacité et leur élégance. À l’instar de ces faiseurs d’images, 60.Secondes est une œuvre qui prend sa source au cœur de notre société, de la curiosité et de l’humanisme fondamentaux de ses auteurs. La singularité de cette oeuvre numérique réside dans son ambition, il s’agit d’une archive vivante, renouvelée et ces films sont une passerelle entre la narration expérimentale et l’art contemporain, dont le cinéma se nourrit aujourd’hui abondamment.

 

 

Cette œuvre se constitue dans sa forme finale de 365 films de 60 secondes qui s’attardent sur ce que nos yeux ne voient parfois plus. Arrivés à mi-parcours, près de 150 films sont aujourd’hui disponibles et ont déjà été remarqués par plusieurs institutions, exposés au CUBE, au Printemps des Poètes ou encore soutenus par Arte Creative.

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Elise Tomie



Conception et Réalisation. Rémy DISCH
Sculpteur sonore. Vincent BRÉDIF
Création Logo. Lorène SOUDIER

 

© les Z 2018

 

EXHIBITIONS / FESTIVALS


• Festival Patchwork. juin 2013
• 10 films sur Arte Créative.
• Espace Renaudie 30. Aubervilliers, mai 2011
• Le Cube. Centre d'art contemporain (Issy-Les-Moulineaux) avril 2008
• 9ème Printemps des poètes. Paris, 2007
• Festival du film minute de Lille. 2006
• 10 sec Film Fest de Londres. 2005 

60.Secondes, n°11
60.Secondes, n°38
60.Secondes, n°63
60.Secondes, n°65
60.Secondes, n°73
60.Secondes, n°111
60.Secondes, n°115
60.Secondes, n°122